(pour
qui pas lu Microdyssée), quelques extraits a propos de Claire
- Sérieux. Une petite qui est hospitalisée pour s’être tranché les veines…
- Je n’étais pas si loin avec mon pontage ; artères, veines, pas de veine, ce n’est que du saignant !
- Arrêtez de plaisanter et écoutez-moi. Claire a seize ans et le mal de vivre ; pas de chagrin d’amour apparemment, mais parents divorcés et remariés, demi-frères et demi-sœurs, bref le classique familial de notre époque. Ce qui m’a fait penser à vous est qu’elle m’a dit dessiner. Je pense que vous sauriez mieux que moi la tirer de l’ornière en lui faisant cracher son cerveau sur le papier !
Dès qu’il entra, Antoine repensa à ses plaisanteries de l’avant-veille. En fait d’hémoglobine, c’était plutôt la grande semaine du blanc : de la longue chemise de nuit boutonnée jusqu’au
menton qui enveloppait le jeune fille, et des draps du lit sur lequel elle était allongée façon gisante, jusqu’aux bandages lui serrant les poignets ; et, si ce n’était une courte tignasse
brune à peine visible, visage assorti. Une petite frimousse de souris blanche à vous décourager pour le reste de la journée ; pour être Claire elle était Claire ! Pénélope fit les
présentations et Antoine en profita pour se débarrasser des chocolats qu’il avait acheté en venant. Il s’effaça du mieux qu’il put au plus loin que la chambre le permettait, le temps que
Pénélope, assise près de la tête du lit sans regarder Claire, tenta de dialoguer. Malgré son professionnalisme elle ne tira pas grand chose de la petite qui se contentait de répéter ne pas
comprendre pourquoi on l’avait empêchée de mourir comme elle le souhaitait, et réaffirmer qu’elle recommencerait
- J’ignore ce que Pén…qu’elle t’a dit mais sans doute puis-je te comprendre.
- Vous aussi vous avez voulu vous suicider dans le temps.
- Voulu, voulu… Disons que j’y ai pensé. Mais sans doute ai-je eu moins de courage que toi et je ne le regrette pas. Vivre réserve de temps à autres d’agréables surprises, et de toute façon nous sommes mortels. Attends au moins un peu.
A cet instant il vint à Antoine une idée qu’il jugea machiavélique. Il la formula pourtant :
- Tiens, nous allons conclure un pacte tous les deux : Tu acceptes de ne plus attenter à tes jours pendant six mois et si dans six mois tu n’a pas changé d’avis je t’aiderai… D’accord ?
La petite réfléchit et demanda enfin :
- Vous n’mentez pas ? Vous m’aiderez ?
Antoine en lui répondant « Oui » songea qu’il pouvait puisqu’elle n’avait pas précisé s’il fallait l’aider à mourir ou à vivre, quant à mentir…
- Alors d’accord concéda Claire.
- Tu dessines je crois. Acceptes-tu de me montrer tes dessins ?
- J’en ai pas ici.
- Peux-tu les faire venir ?
- Oui mais vous les trouverez moches ; j’sais pas dessiner comme vous et moi j’peins pas. D’ailleurs j’aime pas la couleur.
- On peut peindre en noir et blanc. Je ne suis qu’un aimable amateur ignare mais veux-tu que je t’apprennes le peu que je sais ?
- J’veux bien.
Antoine sut alors qu’il avait gagné la confiance de la petite souris blanche. A mesure qu’il parlèrent, lui surtout, Claire se détendit et en dit un peu plus qu’avec Pénélope. Elle eut même quelque velléité pour lui expliquer, donc de s’expliquer, les raisons de son geste. Lorsqu’il fut tard, Antoine proposa de revenir le lendemain avec de quoi dessiner, si elle le souhaitait. Elle accepta et il la quitta après un bisou sonore sur sa joue.
Elle lui montra ses dessins, les anciens et ceux du bloc offert. Il fut agréablement surpris par la qualité du trait malgré quelques faiblesses, elle apprendrait vite, mais dieu que c’était noir ! Elle pourrait lancer le faire-part de décès illustré, pensa Antoine, mais il ne lui parla que de technique, et des sujets traités que Claire accepta de lui expliquer en partie. Ils passèrent ainsi plus d’une heure avant qu’Antoine ne dise avec détachement :
- Tu te sens seule et incomprise n’est-ce pas.
Elle hésita mais cette fois répondit.
- Oui.
- Tes parents ?
- J’en ai plus… J’en ai trop ! Un beau père, une belle mère ; j’suis pas mariée moi ! Mon père et ma mère se fichent pas mal de moi…
- En es-tu sûre ?
- Ils vivent leurs vies, ils ont chacun leurs gosses.
- Admettons qu’ils t’oublient ; mais c’est peut-être qu’ils sont aussi malheureux que toi et qu’ils cherchent comme ils peuvent le bonheur. Aurais-tu une seule famille et les meilleurs parents du monde qu’ils ne te comprendraient pas forcément. J’ai vécu ça lorsque j’avais ton âge. Moi aussi je me sentais seul, incompris et pourtant j’avais de merveilleux parents. Plus tard j’ai compris que c’était notre sort commun. Nul, même en essayant, ne saura jamais ce qui est vraiment dans notre tête. Nous devons donc accepter de vivre ainsi, seuls et incompris.
- Mais vous, vous êtes vieux et puis vous avez le docteur Kravziack !
- Tu as certainement des amis, un petit copain peut-être ?
- Des copines, des copains, oui mais pas p’tits ; juste gros de connerie !
- Alors veux-tu que Pénélope, enfin le docteur Kravziack et moi soyons tes amis ?
- J’suis sans intérêt et puis j’suis chiante !
- Nous aussi, ça tombe bien ; nous pourrons ch… ensemble.
Un mince sourire se dessina alors fugacement sur le visage de la petite et Antoine sut qu’il avait remporté une première manche. Le
mal n’était peut-être pas si profond ; toutefois le chemin de la guérison serait quand même long.
Peu de temps après, Claire vint donc passer un dimanche avec eux. C’était Antoine qui invitait. Le déjeuner fut agréablement animé.
On parla de tout et de rien sur un ton léger qui incita la gamine à y ajouter son propre grain de sel. A chacune de ses interventions, Pénélope et Antoine échangeaient discrètement un bref regard
complice. Quand ils eurent débarrassé la table, Pénélope proposa une promenade lèche-vitrines en centre ville. Cette distraction n’avait guère d’attraits pour Antoine mais en sa compagnie que
n’aurait-il pas accepté ? Pénélope lui confiera le soir en tête à tête que ce n’était non plus son occupation favorite mais que c’était propice à susciter des réactions chez Claire, donc à
mieux la connaître. Ce fut effectivement le cas ; elle parlait et même souriait aux commentaires humoristiques des deux complices. Il faisait froid avec ciel clair, et leurs paroles sitôt
vapeurs que prononcées, semblaient signaux indiens de fumée ; ce dont ils s’amusèrent, allant même jusqu’à ne plus énoncer à haute voix pour que les deux autres devinent ce qui avait été
dit. Ils burent un chocolat chaud dans le bocal embué d’une terrasse de café, s’abandonnant comme des chats à la touffeur ambiante. S’ils en avaient été capables ils auraient ronronné. Quand vint
le soir Pénélope et Antoine reconduisirent Claire chez elle ; ce week-end là chez son père. Plutôt que de retourner à leur immeuble y prendre une voiture, ils le firent en bus. Ils
abandonnèrent la petite apparemment heureuse de sa
journée.
… La petite passait en effet la plupart de ses mercredi après-midi chez Antoine et souvent le dimanche avec Pénélope et lui. Pour ce qui était du dessin, l’élève fut rapidement l’égale du pauvre maître et même le dépassa, mais il tardait à lui conseiller d’aller prendre de vrais cours car tel n’était pas le but premier. Les progrès essentiels furent plus lents, pourtant peu à peu le trait devint moins sinistre, le fusain et l’huile en noir et blanc, techniques qu’il lui avait apprises, s’éclaircirent, de même que sa parole. Progressivement elle emprunta à Antoine son humour grinçant pour parler de sujets graves. Il suivait avec vigilance la lente métamorphose : Il y eut les premiers rires, certes acides, mais rires tout de même. Il y eut la première fois où elle voulut ajouter de la couleur sur sa toile. A chaque avancée Antoine ressentait ce que doit ressentir qui veille un être cher dans le coma et soudain voit une paupière, une main s’animer. Son allure avait changé : elle se coiffait maintenant et ses habits n’avaient plus l’air de sortir d’une poubelle. Puis vint le temps où la petite, il la nommait toujours la petite malgré qu’elle fut maintenant plus grande que lui, leur demanda si un dimanche elle pourrait leur présenter Yann. Elle avait fait sa connaissance aux Beaux-Arts où elle étudiait maintenant. Bientôt, quand Pénélope et Antoine passeraient leur week-end ensemble, ils abandonneraient l’un de leurs appartements aux jeunes gens dont les parents de l’un comme de l’autre n’auraient jamais accepté les amours chez eux.
………………………
Préférant toutefois passer ces quelques heures en des lieux neutres, il l’emmena déjeuner au restaurant. Comme à chaque fois qu’il l’observait à table, il se demanda comment une petite demoiselle aussi frêle pouvait manger autant ! Levant peu le nez de son assiette, on ne voyait guère que sa tignasse emmêlée, c’était avant qu’elle ne commence à prendre soin de son aspect, elle lui faisait irrésistiblement penser à un barbet affamé ! Ce dont il s’amusait beaucoup, et s’il avait osé, il l’aurait caressée comme on caresse un brave toutou et gratouillée derrière les oreilles !
L’après-midi ils allèrent visiter une exposition de peinture contemporaine se tenant de l’autre côté de la ville. Claire n’était pas une grande intellectuelle mais appréciait évidemment l’art pictural. Ce fut devant une des toiles que sans tourner la tête vers lui elle demanda :
- Elle te manque Pénélope ?
Depuis peu elle avait accepté de le tutoyer après s’y être longtemps refusée arguant leur différence d’âge.
- Beaucoup, répondit Antoine, mais c’est mieux ainsi.
- Que fait-elle chaque fois qu’elle te laisse ?
- Petite curieuse, elle fait ce qu’elle a à faire et qui ne nous regarde pas, éluda-t-il.
Insatisfaite de la réponse, Claire en le regardant cette fois, énuméra alors diverses hypothèses qu’Antoine écartait tour à tour d’un simple mouvement négatif de la tête.
- Bon, ça va, j’ai compris, j’suis pas idiote, elle te trompe ?
- C’est toi qui te trompes. Pénélope vit sa vie et moi la mienne. Nous sommes des êtres libres et non la propriété de l’autre. Nous ne sommes pas des potiches achetées chez l’antiquaire du coin ! Il est temps que tu apprennes qu’aucun individu n’appartient à un autre, d’ailleurs même notre propre corps ne nous appartient pas ; nous n’en avons qu’un bail précaire, résiliable à tout instant !
- Tout de même elle est avec un mec, hein ?
- Un mec, une gonzesse, pour employer ton langage, sans doute…
- C’est dégueulasse, tu l’aimes ! T’es pas jaloux ?
- Oui je suis jaloux, pas de l’autre mais de son bonheur à elle sans moi, ce qui est totalement crétin.
………………..
- Mais toi t’en baises pas d’autres, n’est-ce pas ?
- Non, mais uniquement parce qu’avec l’âge mes appétits sont moins vifs et que les seules absences de Pénélope suffisent pour me régénérer.
- T’es décidément un drôle de type mais j’t’aime bien !
- Et toi une drôle de petite fille que j’aime bien aussi.
Claire se jeta alors au cou d’Antoine, déposa deux gros bisous sur ses joues puis ajouta :
- Tu crois que j’arriverai à te ressembler, j’voudrais bien ?
- Ce n’est pas à moi que tu dois ressembler, mais à toi-même. A chaque fois que tu commenceras à être aussi conne que n’importe qui, il ne faudra
pas que tu cèdes à l’impulsion passionnelle. Au contraire pose-toi alors les bonnes questions et choisis ensuite les moins mauvaises réponses pour réagir lucidement à la situation que tu auras à
surmonter.
Claire ne tarda pas à tempêter :
- Nous avons plusieurs fois croisé Péné avec une nana, tu t’rends compte Antoine !
- Je sais, elle me l’a dit.
- Tout de même, déjà qu’avec un aut’mec que toi.. mais une nana !
- Aurais-tu innocente jeune fille, l’esprit étriqué bourgeois ? Si Pénélope « prend son pied » pour parler comme toi, c’est l’essentiel. Il est des plaisirs que ni moi ni aucun autre homme ne peuvent lui donner, tu dois le comprendre.
- Tu vas où ? demanda Claire.
Elle pensait déjà le savoir, étant arrivée à la même conclusion mais elle voulait lui entendre dire.
- A Nice. Il faut que je saches. Je dois retrouver Pénélope, vivante ou mor… non je refuse qu’elle soit morte !..
- Je vais avec toi.
- Tu es folle !
Il énuméra alors toutes sortes de raisons, dont les plus insensées, qu’elle réfuta une à une obstinément : ses parents… ils s’en fichaient ; Yann… elle pouvait s’en passer quelque temps, quant à lui… ; ce serait coûteux et il n’était pas si riche… elle si, elle avait vendu deux toiles récemment ; Là-bas c’était le foutoir…
- Tu vois bien, tu ne peux pas y aller seul, t’es trop vieux !
- Tu n’es qu’une petite guenon !
- Pardon, j’voulais pas t’blesser. Mais c’est vrai, tout seul t’arriveras à rien ! Allez, soit chic, emmène-moi. C’est pour Pénélope
- J’ai vu à un barrage que les toubibs passaient, alors tu vas être toubib !
- Ça ne tient pas debout. Tu t’imagines que les flics ou les bidasses vont me croire sur parole !
- Tu m’prends pour une demeurée ! T’as l’ordi de Péné, utilise-le !
- Que veux-tu que je fasse avec ?
- Tu fabriques des fausses cartes avec tu sais le truc là, le machin des toubibs…
Elle dessinait dans le vide avec son doigt.
- Le caducée.
- C’est ça.
- Oui mais je ne l’ai pas exactement en tête et je n’ai pas d’imprimante..
- Tu le trouveras sur internet, j’ai vu dans leur bureau qu’nos tauliers étaient bien équipés en informatique et ils ont une chouette imprimante. Ils ne refuseront pas ; t’as vu, ils nous aiment bien.
- Sais-tu que tu n’est pas bête quand tu veux ma petite musaraigne !
Il lui ébouriffa les cheveux d’un geste affectueux.
- T’en as douté ? Ben dis donc si j’t’avais laissé venir tout seul, t’aurais pas été loin et Pénélope aurait attendu longtemps !
… Sitôt qu’elle [Claire] le vit, elle s’exclama :
- Pénélope est vivante et je sais où elle est !
Tous deux moitié pleurant, moitié riant s’étreignirent et s’embrassèrent, tourbillonnant sur eux-même sous le regard amusé de Damien.
- Raconte.
- Ben voilà, j’ai appris rapidement que les premières victimes retrouvées par les secours locaux avaient aussitôt été évacuées dans les hôpitaux intacts de la région et même jusqu’à Marseille alors j’ai cherché à rencontrer les pompiers du coin pour leur montrer la photo. Pas bête hein !
- Arrête de fanfaronner et va au fait !
- Bref, j’ai fini par mettre la main sur un des pompiers qui l’avaient sorti des ruines de l’hôtel où elle créchait avec son mec, Le beau Rivage, un trois étoiles du quai des Etats Unis. Dis, y s’refusaient rien !
- Je te fais grâce de tes commentaires ! A la fin vas-tu me dire où elle est ?
- A Marseille ! Hôpital de La Timone.
- Dire que nous tournons par ici depuis deux jours alors qu’elle était là-bas !.. Mais bravo Clarinette !
- Il y a longtemps que j’t’attends ici mais j’avais aucun moyen de te prévenir.
- Dis Antoine, tu veux bien que je passe la nuit prochaine dans la tente de Damien ?
Il ne put alors s’empêcher de la taquiner :
- Dis donc je crois me souvenir que tu acceptais mal les petites aventures de Pénélope sans moi. Yann, tu en fais quoi ?
- Je n’oublie pas Yann. Damien c’est juste comme ça… Quand nous serons rentrés, tu ne diras rien à Yann, tu me le promets ?
- S’il doit savoir, toi seule a le droit de le lui apprendre. Ce serait d’ailleurs plus honnête de ne rien lui cacher.
- J’essaierai mais comment le prendra-t-il ? Il n’a pas ta sagesse.
- Pénélope et moi nous vous aiderons à savoir vous aimer en toute liberté. Tu comprendras que c’est très beau et plus durable ainsi. D’ailleurs tu commences à comprendre il me semble. Tu grandis vite ma petite souris blanche !
En disant cela, Antoine passa un bras sur les épaules de Claire et la secoua gentiment. Ils rirent franchement, ce qui ne leur était
pas arrivé depuis la disparition de Pénélope.
La jeune fille [Claire]
savait que les sarcasmes d’Antoine n’étaient qu’une pirouette ; son habituelle méthode de fuite et de refuge
momentané dans la dérision pour mieux vaincre ensuite l’abattement. Ne lui avait-il pas appris à réagir ainsi dans les situations critiques ? Elle ne répondit pas d’abord, puis avec une assurance feinte affirma doucement :
- Nous la sauverons de sa prison mentale, Antoine. Nous la sauverons.
De temps à autres, Claire, assise devant eux, s’agenouillait sur son siège pour les voir. Elle regardait longuement Pénélope pas plus animée que leurs sacs de voyage, puis se rasseyait après
un timide « Ça va Antoine ? ».
- Rap’lez-vous docteur Kravziack la première fois qu’vous êtes venue m’voir à l’hôsto et qu’j’étais encore à moitié dans les vaps malgré la perf’ pour remplacer l’sang qu’j’avais perdu ! Et puis la s’conde, quand vous avez amené Antoine… Dis tu m’écoutes ! R’garde-moi Pénélope !
Claire s’approcha alors au plus près, prit la tête de son amie dans ses mains et la força à la regarder, leurs deux visages se touchant presque, et ajouta :
- J’te parles d’Antoine, de ton Antoine !
Elle lui tourna alors la tête dans bonne direction.
- Regarde, il est là qui veille sur toi… Fais un effort , pour lui, pour moi. Fais un effort ma bourrique !
En baptisant ainsi Pénélope, elle mit autant de tendresse dans sa voix que dans sa caresse sur la joue de la malade. Elle s’écarta ensuite, battant des bras, visage contrarié.
- Antoine, j’sais plus, j’sais plus…
- Moi non plus ma Clairette, je ne sais plus quoi faire. Nous ne pouvons qu’attendre et espérer.
Pénélope revenait de son lointain néant ! Il ne put s’empêcher de téléphoner à Claire comme il le faisait toujours dès qu’il y avait du nouveau
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